Communiqué – Mine de sel de Hauterive liée à Vencorex

Le PCF Drôme attire tout particulièrement l’attention des autorités départementales et en appelle à leur intervention à propos d’un sujet d’ordre économique aux conséquences sociales et environnementales qui peuvent rapidement devenir très graves.

Il s’agit de la mise à l’arrêt des salines de Hauterives suite à la menace de fermeture de l’entreprise Vencorex de Pont de Claix, placée en redressement judiciaire et dont les salariés sont en grève depuis le 23 octobre.

La casse d’une entreprise stratégique de l’industrie chimique nationale se conjugue avec des risques environnementaux majeurs.

Il en va non seulement de l’emploi de 7 salariés drômois mais du devenir de dizaine d’hectares, voire plus, de terrains avoisinants auquel s’ajoute un risque d’effondrement de cavités de la mine de sel d’où est extraite la saumure qui faute de pouvoir être utilisée sur la plateforme de Pont de Claix est stockée sur place.

Plus précisément l’activité de l’entreprise Vencorex de Pont de Claix, nécessite l’exploitation de la mine de sel basée à Hauterives. Vencorex est en outre l’unique débouché de la saumure extraite de cette mine, et produit du sel pour sa propre consommation, ainsi que pour Arkema basée sur la plateforme de Jarrie. En cas d’arrêt de Vencorex, il n’y a plus de débouché pour la saumure qui est extraite inexorablement des cavités de la mine de Hauterives à raison de 30 m3 minimum par heure, et qu’il est impossible d’arrêter avant des dizaines d’années sans risquer des effondrements géologiques.

Par ailleurs, de la production de Vencorex dépendent 3 activités stratégiques dont une pour les sociétés Framatome très présentes dans notre département, notamment sur les sites de Romans et du Tricastin. Framatome produit des sels de Zirconium, produits intermédiaires dans le processus de purification du zirconium métallique de qualité nucléaire, constituant les éléments d’emballage et d’assemblage du combustible des réacteurs nucléaires.

Il est donc peu dire de l’intérêt pour notre département de se soucier du devenir de l’entreprise Vencorex tant pour conserver un débouché sur et pérenne à la saumure produite par la mine de Hauterives que pour continuer à disposer de combustible nucléaire correctement préparé.

C’est le sens de l’alerte que le PCF a lancé auprès de la préfecture de la Drôme, de la préfecture de région et du président de Valence Romans Agglo. Le temps est à l’action pour trouver une issue rapide et positive pour l’entreprise Vencorex et donc pour la mine de sel de Hauterives.

Une proposition réunit beaucoup de responsables politiques, syndicaux, de citoyens. Il s’agit d’une nationalisation temporaire. Elle permettrait dans l’attente d’une décision plus définitive de sauver cette entreprise. Il s’agirait en même temps, de porter une véritable ambition de développement à partir d’investissements dans l’emploi, la formation, la modernisation de l’outil industriel et la lutte contre les pollutions. De l’argent existe pour cela. Il se trouve dans les banques. Elles doivent remplir la mission pour laquelle elles existent fondamentalement : soutenir et aider au développement de l’activité économique dans les territoires.

Jean-Marc Durand

Secrétaire PCF Drôme.

Pcf Drome

Stop à la casse industrielle – Manifestation le 05/02/2025 à 10h à Jarrie devant Arkema

En 20 ans, la France a perdu la moitié de ses usines. La part de l’industrie dans le PIB (la richesse produite) a aussi été divisée par deux. En Italie, l’industrie « pèse » 16 % du PIB, en France moins de 10 %.

La société Vencorex, à Pont-de-Claix, a été placée en « redressement judiciaire » le 10 septembre 2024. Cette société appartient à la Thaïlande. Le désengagement du capitalisme français et l’irresponsabilité de nos gouvernements sont manifestes.

La seule offre de reprise par une filiale hongroise d’une société chinoise concerne 25 salariés sur les 465 de l’entreprise.

Près de 2 000 emplois directs sont menacés, à Hauterives, à Pont-de-Claix (720), à Jarrie (1 100), 6 000 autres dans l’industrie « aval ».

Derrière ces faits et chiffres est l’enjeu de notre souveraineté industrielle et de la création de richesses nationales avec des graves conséquences pour trois départements, l’Isère, le Rhône et la Drôme.

Parallèlement à la lutte engagée par les salariés concernés, une riposte syndicale, politique, sociale a commencé de se construire :

  • 25 novembre 2024, A. Chassaigne, Président du groupe des députés communistes, a interpelé le 1er ministre, en rappelant que 120 millions d’euros de fonds publics ont été utilisés sur le site pour différentes mises en conformité et sécurité.
  • 26 novembre visite de soutien de F. Roussel secrétaire National du PCF.
  • 17 décembre, porté par 48 personnalités politiques, dont les maires de Pont-de-Claix et de Jarrie, F. Roussel, A. Chassaigne, P. Jouvet député européen PS de la Drôme,… 3 députés de l’Isère,… les syndicats CGT, CFDT, CFE-CGC, un appel à la nationalisation temporaire est lancé.
  • Le 24 décembre 2024 la fermeture a été engagée avec la suppression programmée de 480 emplois directs entrainant le processus de destruction industrielle en cascade de toute l’industrie chimique au sud de Lyon.

Aux côtés des syndicats, une mobilisation des citoyens, des élus est nécessaire afin de forcer les institutions, Conseils départementaux de l’Isère, Rhône, Drôme, Conseil Régional, les représentants de l’État et l’État à sauvegarder cette énorme filière industrielle et ses productions stratégiques.